Le comptoir du bar à poutres apparentes de La Dune aux Loups, verres alignés

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Huîtres de Chausey : particularités d'une huître de pleine mer

Un archipel battu par les plus fortes marées d'Europe, une eau sans cesse renouvelée, un élevage bio : ce qui fait le caractère de l'huître de Chausey.

· Par l'équipe de La Dune aux Loups

L'essentiel

En bref

Les huîtres de Chausey sont élevées dans un archipel normand situé à une quinzaine de kilomètres au large de Granville, où le marnage compte parmi les plus forts d'Europe. Ces marées géantes brassent une eau très renouvelée, riche en plancton et éloignée des apports de la côte. Élevées en poches sur tables, en pleine mer, elles développent une chair ferme, un goût iodé et net, puis une finale légèrement noisette. Certaines, comme les huîtres Lenoir Thomas, sont en plus certifiées bio : naissain naturel, huîtres non triploïdes et densités d'élevage limitées.

Une table ronde dressée près d'une banquette arrondie beige, dans la salle du restaurant

L'origine

Chausey, un archipel à part

Chausey est un archipel de la Manche, posé à une quinzaine de kilomètres au large de Granville, en Normandie. Vu du ciel, c'est un chapelet d'îlots de granit, de bancs de sable et de chenaux. À marée haute, on compte quelques dizaines d'îles ; à marée basse, la mer se retire si loin que la tradition parle de 365 îlots, un pour chaque jour de l'année.

Une seule île est habitée toute l'année, la Grande-Île, rattachée à la commune de Granville. Il n'y a ni voiture, ni industrie, ni agglomération : l'archipel est un espace naturel protégé, fréquenté par les pêcheurs, les ostréiculteurs, les mytiliculteurs et les oiseaux marins. C'est cette relative virginité qui fait d'abord la particularité des huîtres de Chausey.

Les parcs y sont installés au large, loin des estuaires et des rejets de la côte. Les huîtres grandissent dans une eau de pleine mer, claire, salée, sans cesse renouvelée. Là où d'autres bassins ostréicoles sont abrités au fond d'une baie, Chausey est exposé, ouvert aux courants. Le résultat se lit dans la coquille, épaisse et dure, comme dans la chair.

Le moteur

Des marées hors normes

« À Chausey, la mer ne fait pas que monter et descendre : elle nourrit. »

Le golfe normand-breton, au fond duquel se trouve Chausey, connaît l'un des plus forts marnages d'Europe. Lors des grandes marées, l'écart entre la haute et la basse mer y dépasse une dizaine de mètres et peut approcher les quatorze mètres. Deux fois par jour, des millions de mètres cubes d'eau entrent et sortent de l'archipel.

Pour une huître, qui se nourrit en filtrant l'eau, c'est une chance. Chaque marée apporte une eau neuve, chargée de phytoplancton, et emporte avec elle les sédiments. L'huître filtre jusqu'à plusieurs litres d'eau par heure : plus l'eau est riche et renouvelée, plus elle se nourrit, et plus sa chair est nette.

Les marées rythment aussi le travail des ostréiculteurs. Les tables d'élevage ne sont accessibles qu'à marée basse, aux plus forts coefficients. Le reste du temps, elles sont sous l'eau. Ce découvrement régulier n'est pas anodin : il apprend à l'huître à rester fermée hors de l'eau, à garder son eau de mer. C'est l'une des raisons pour lesquelles une huître de Chausey supporte bien le transport.

Le savoir-faire

Un élevage en pleine mer

Une huître ne se cueille pas : elle s'élève, pendant plusieurs années. À Chausey, l'essentiel du travail se fait sur l'estran, cette bande de mer découverte à marée basse, au rythme des coefficients.

  1. 01

    Le naissain

    Tout commence par de minuscules larves d'huîtres, fixées sur un support : c'est le naissain. Pour une huître bio, il doit être né naturellement, sans manipulation génétique.

  2. 02

    Les poches

    Les jeunes huîtres sont réparties dans des poches en filet, posées sur des tables métalliques, au niveau de l'estran que la mer recouvre puis découvre à chaque marée.

  3. 03

    Le travail

    Pendant de longs mois, l'ostréiculteur retourne les poches, dédouble les huîtres à mesure qu'elles grandissent et les trie pour qu'elles se forment régulièrement.

  4. 04

    La récolte

    Après plusieurs années de croissance en mer, les huîtres sont récoltées, lavées, calibrées puis expédiées vivantes, prêtes à être ouvertes.

La technique la plus répandue est l'élevage en poches sur tables : des sacs en filet plastique, fixés sur des tréteaux métalliques à quelques dizaines de centimètres du sol. Les huîtres y restent au-dessus du sable, baignées par le courant, à l'abri des prédateurs. À chaque grande marée, les ostréiculteurs viennent retourner les poches pour que les coquilles se forment de façon régulière et ne se soudent pas entre elles.

Au fil des mois, les huîtres sont dédoublées : on les répartit dans davantage de poches pour leur laisser de la place. Ce geste, répété des dizaines de fois au cours d'un élevage, donne à l'huître une forme plus creuse et plus régulière. C'est un travail manuel, physique, dicté par la marée et la météo, qui explique en partie la rareté de ces huîtres.

La terrasse ensoleillée du restaurant, tables en bois dressées sous de grands parasols

Le cahier des charges

Ce que change le label bio

Toutes les huîtres de Chausey ne sont pas bio. Celles qui le sont, comme les huîtres Lenoir Thomas que nous servons, répondent au règlement européen de l'agriculture biologique appliqué à l'aquaculture. La première exigence porte sur l'origine : le naissain doit être issu du milieu naturel ou d'écloseries conformes, et les huîtres triploïdes, rendues stériles pour grandir plus vite, sont interdites.

Une huître bio est donc une huître diploïde, qui suit son cycle naturel, se reproduit en été et prend le temps de grandir. Les densités d'élevage sont limitées, la qualité de l'eau est contrôlée, et les traitements chimiques des installations sont proscrits. Rien n'est ajouté : en pleine mer, l'huître se nourrit uniquement de ce que la marée lui apporte.

« Une huître bio, c'est d'abord une huître à qui l'on laisse le temps. »

Pour le dégustateur, la différence se joue moins sur un goût précis que sur une régularité et une fraîcheur. Pour nous, c'est un choix cohérent avec la cuisine de Guillaume Fleury : travailler avec des producteurs dont nous connaissons la manière de faire.

En bouche

Le goût d'une huître de Chausey

Comme un vin, une huître exprime son terroir, que les ostréiculteurs appellent le « merroir ». Celle de Chausey se déguste en trois temps, qu'il faut prendre le temps de distinguer.

L'attaque iodée

La première sensation est marine, franche, portée par l'eau de l'huître : c'est la signature des huîtres élevées au large, nourries par une eau constamment renouvelée.

La chair

Une chair ferme, qui se mâche, d'un blanc nacré à grisé. Une huître qui travaille contre le courant développe un muscle plus dense qu'une huître de bassin calme.

La finale

Après quelques mastications, la salinité s'efface et laisse place à une note plus douce, légèrement noisette, qui reste longtemps en bouche.

Comparée à une huître de bassin, plus douce et parfois plus grasse, l'huître de Chausey est plus tendue, plus saline. Comparée à certaines huîtres de Bretagne nord, elle se distingue par sa netteté : peu de notes végétales, pas d'amertume, une sensation de propreté qui donne envie de passer à la suivante.

Pour bien la goûter, on évite de la noyer sous le citron ou le vinaigre à l'échalote. Une première huître nature, mâchée deux ou trois fois, permet de saisir son caractère. On peut ensuite jouer avec un tour de poivre ou quelques gouttes de citron.

Repères

Lire un calibre

Le numéro inscrit sur une bourriche ou sur une carte de restaurant indique le poids de l'huître, et non sa qualité. Paradoxe hérité de l'histoire : plus le chiffre est petit, plus l'huître est grosse. Une N°0 est une pièce imposante, une N°5 une petite bouchée.

Le calibre ne dit rien de l'origine, mais il oriente la dégustation. Les petits calibres sont vifs et très iodés, les gros plus charnus. Pour une huître de Chausey dégustée crue, le N°3 offre souvent le meilleur équilibre : c'est d'ailleurs le calibre que nous servons.

  • N°5 et N°4

    Les plus petites : une bouchée vive et très iodée, idéale pour découvrir les huîtres ou pour l'apéritif.

  • N°3

    Le calibre le plus apprécié à table : l'équilibre entre l'eau, la chair et la taille, celui que l'on sert le plus souvent au restaurant.

  • N°2

    Une huître plus généreuse, à la chair plus présente, pour ceux qui aiment mâcher.

  • N°1 et N°0

    Les grosses pièces : charnues, parfois réservées à la cuisson, gratinées ou pochées.

À la maison

Choisir et conserver ses huîtres

Une huître se mange vivante. À l'achat, les coquilles doivent être bien fermées, ou se refermer quand on les tapote. Une huître lourde dans la main est une huître qui a gardé son eau. L'étiquette sanitaire de la bourriche indique la zone de production et la date d'emballage : c'est elle qui garantit l'origine Chausey.

Pour les conserver, on garde la bourriche fermée, à plat, face creuse en dessous, dans un endroit frais : le bas du réfrigérateur, une cave ou un cellier, idéalement entre 5 et 15 degrés. Surtout pas d'eau douce, qui les tuerait, ni de congélateur. Un linge humide posé dessus suffit à garder l'humidité.

Une fois ouverte, une huître se déguste dans l'heure. Si elle sent fort, si sa chair est sèche ou si elle ne réagit pas au contact du couteau, on l'écarte sans hésiter.

Nos producteurs
La façade blanche et noire de La Dune aux Loups, son toit de tuiles et sa porte d'entrée

La coquille épaisse d'une huître de pleine mer demande un peu de méthode. On la tient dans un torchon plié, face creuse en dessous, la charnière vers soi. On glisse la pointe d'un couteau à huîtres sur le côté droit, aux deux tiers de la coquille, là où se trouve le muscle. Un mouvement de levier, puis on tranche le muscle contre la coquille du dessus.

On retire le chapeau, on vérifie qu'aucun éclat ne reste sur la chair, puis on jette la première eau. L'huître en refait une, plus douce, dans les minutes qui suivent : c'est le signe qu'elle est bien vivante. On la sert alors sur un lit de glace pilée ou de gros sel, sans la laisser attendre.

Au restaurant, les huîtres sont ouvertes à la commande. C'est la seule façon de les servir dans leur meilleur état : vivantes, avec leur seconde eau, à la bonne température.

Envie de les goûter sans vous lancer dans l'ouverture ? Découvrez où déguster ces huîtres au Touquet.

Le geste

Ouvrir et déguster

Astuce

Mâchez l'huître deux ou trois fois avant de l'avaler : c'est en bouche que se révèle sa finale noisette.

La cave à vin vitrée et éclairée, bouteilles de bourgogne et de bordeaux couchées

Dans le verre

Quel vin avec les huîtres ?

L'iode et la salinité d'une huître de Chausey appellent un vin blanc sec, frais et minéral, dont l'acidité prolonge la sensation marine sans l'écraser. Les classiques fonctionnent : muscadet sur lie, chablis, picpoul-de-pinet, ou un blanc de Loire tendu.

Ce qu'il faut éviter : les vins boisés ou très aromatiques, qui prennent le dessus, et les rouges tanniques, dont les tanins donnent une sensation métallique au contact de l'iode. Un champagne brut nature, en revanche, est un accord de fête très juste.

À La Dune aux Loups, chaque plat de la carte a son accord au verre. Avec les huîtres, nous suggérons un AOC Côtes du Rhône « Les abeilles » de D. Colombo, frais et minéral.

Découvrir la carte

Toute l'année

Les huîtres au fil des saisons

Le dicton des « mois en r » date d'avant la chaîne du froid. Aujourd'hui, on mange des huîtres toute l'année : seule leur texture change avec la température de l'eau.

Automne et hiver

La pleine saison. L'eau froide resserre la chair, l'huître est nette, croquante, très iodée. C'est le moment des grandes tablées de fin d'année.

Printemps

L'eau se réchauffe, le plancton se développe : les huîtres se nourrissent abondamment et gagnent en rondeur, avec une chair plus pleine.

Été

Période de reproduction : certaines huîtres deviennent « laiteuses », plus grasses et crémeuses. Une question de goût, sans aucun risque sanitaire.

Les huîtres bio, qui ne sont pas triploïdes, suivent pleinement ce cycle : elles deviennent laiteuses à la belle saison, au moment de la reproduction. Certains amateurs adorent cette texture crémeuse, d'autres préfèrent attendre l'automne pour retrouver une chair plus ferme. Les deux sont saines ; c'est une affaire de préférence.

Au Touquet, l'huître accompagne aussi bien un déjeuner d'hiver au coin de la cheminée qu'un apéritif d'été au jardin. Entre la forêt et la mer, elle rappelle que la côte n'est jamais loin, même sous les pins.

Passer à table

L'iode de Chausey, sous les pins

Les huîtres bio Lenoir Thomas sont ouvertes à la commande à La Dune aux Loups, à l'assiette ou en plateau, à cinq minutes du centre du Touquet. Midi et soir, fermé le mercredi.

Réserver une table(nouvel onglet)Les huîtres au Touquet
La terrasse ombragée par un grand parasol noir, tables en bois face au jardin

Questions fréquentes

Huîtres de Chausey : vos questions

Quelles sont les particularités des huîtres de Chausey ?

Les huîtres de Chausey sont élevées dans un archipel situé au large de Granville, soumis à l'un des plus forts marnages d'Europe. Ces marées brassent une eau très renouvelée et riche en plancton, loin des rejets de la côte. Il en résulte une huître de pleine mer au goût iodé et net, à la chair ferme et à la finale légèrement noisette.

Où se trouvent les îles Chausey ?

L'archipel de Chausey se trouve dans la Manche, à une quinzaine de kilomètres au large de Granville, en Normandie. Il compte des dizaines d'îlots à marée haute et bien davantage à marée basse ; seule la Grande-Île est habitée.

Qu'est-ce qu'une huître bio ?

Une huître bio est élevée selon le cahier des charges de l'agriculture biologique : naissain né naturellement, huîtres non triploïdes, densités d'élevage limitées et qualité de l'eau contrôlée. Les huîtres Lenoir Thomas servies à La Dune aux Loups sont des huîtres bio de Chausey, élevées en pleine mer.

Peut-on manger des huîtres en été ?

Oui. Le vieil adage des « mois en r » date d'une époque sans transport réfrigéré. En été, certaines huîtres sont laiteuses car en période de reproduction : leur texture est plus crémeuse, ce qui est une affaire de goût et non de sécurité.

Comment conserver des huîtres de Chausey ?

Gardez-les à plat, face creuse en dessous, dans leur bourriche, entre 5 et 15 degrés, sans jamais les plonger dans l'eau douce. Une bourriche bien fermée se garde quelques jours après la date d'emballage ; une huître ouverte se consomme tout de suite.

Quel vin servir avec des huîtres de Chausey ?

Un vin blanc sec, frais et minéral accompagne au mieux leur iode : muscadet, chablis, picpoul ou blanc de la vallée du Rhône. À La Dune aux Loups, la carte suggère avec les huîtres un AOC Côtes du Rhône « Les abeilles » de D. Colombo.

Où déguster des huîtres de Chausey au Touquet ?

À La Dune aux Loups, bistrot chic niché en forêt au 214 avenue de la Dune aux Loups, à cinq minutes du centre du Touquet-Paris-Plage. Les huîtres bio Lenoir Thomas y sont ouvertes à la commande, midi et soir, sauf le mercredi.

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