Le bon vin selon la préparation
Homard rôti au naturel ou au beurre
C'est la préparation la plus pure, et celle qui met le mieux en valeur les grands chardonnays. Rôti, le homard développe des notes de noisette et de beurre noisette qui répondent naturellement à un bourgogne blanc : meursault pour sa rondeur, puligny-montrachet pour sa finesse et sa tension, ou un saint-aubin plus accessible.
Une condition : l'élevage en fût doit rester discret. Un chardonnay trop boisé, chargé de vanille et de toast, recouvre la douceur du homard au lieu de la prolonger. Un chablis premier cru est une excellente alternative si la préparation reste légère, avec un simple trait de citron ou une crème au champagne.
Homard grillé en persillade
Le grill ajoute une note fumée, l'ail et le persil une vivacité herbacée. Le bourgogne blanc peut paraître un peu sage ici ; on se tourne plutôt vers des blancs plus aromatiques et plus tendus. Le sauvignon de Sancerre ou de Pouilly-Fumé, avec ses notes d'agrumes et de pierre à fusil, répond à l'ail sans le combattre.
Le chenin sec de Loire, de Savennières, de Montlouis ou de Vouvray, est l'autre grand choix : il a l'acidité pour l'ail et assez de matière pour la chair. C'est souvent l'accord le plus surprenant pour ceux qui ne le connaissent pas.
Homard flambé ou épicé, façon créole
Le flambage au rhum laisse une trace sucrée et caramélisée ; une sauce créole y ajoute la chaleur du piment de Cayenne, parfois la rondeur de la vanille et de la crème. Les épices changent tout : elles amplifient la sensation d'alcool et l'amertume des vins trop secs, et elles écrasent les blancs discrets.
Il faut donc un blanc rond, aux notes exotiques, avec un fruit généreux pour apaiser le piquant. Le condrieu, avec ses arômes d'abricot et de fleurs blanches, est un partenaire idéal. Un vieux riesling sec d'Alsace, qui a gagné en bouteille des notes de miel et de fruits confits tout en gardant sa tension, fonctionne aussi remarquablement. Évitez les vins très alcooleux : avec le piment, ils brûlent.